dimanche 25 mars 2012

Dimanche 25 Mars 2012 - Jour 87 - En mer


Bonne nouvelle: ce matin temps clair et ensoleillé ! Ouf la tempête de sable est derrière nous.
C’est comme un clin d’oeil à notre deuxième fils Charles qui fête ses 32 printemps aujourd’hui, et à qui nous souhaitons un bon et heureux anniversaire.
Comme un bonheur ne vient jamais seul, j’ai eu ce matin l’heureuse surprise et surtout l’immense plaisir d’aller sur la passerelle. C’était mon voeux le plus cher durant cette croisière autour du monde, et c’est ma chère et tendre qui a réussi à l’exaucer.
Comme je vous l’ai probablement indiqué, pour des raisons de sécurité, depuis le 11 septembre, il n’est plus organisé de visites de passerelle.
Mais c’est mal connaître Monique! Depuis le départ elle n’a eu de cesse de tenter, par diverses demandes de trouver le moyen de faire cette visite.
Finalement, une belle lettre bien rédigée, adressée et remise directement au commandant aura eu raison de sa patience et de sa volonté.
C’est le commandant en personne qui nous téléphona hier soir à la cabine. Dans un parfait français il nous donne rendez-vous ce matin à 9 heures, à l’avant du pont n°8.
Arrivé sur place, nous attendons quelques instants, jusqu’à ce qu’un officier vienne nous chercher.
Nous le suivons, passons devant des bureaux, où des officiers s’affairent derrière moult écrans d’ordinateurs, et devant les cabines du pacha et des seconds.
Puis dans un petit sas, l’officier ouvre la porte après avoir entré un code pour déverrouiller la porte.
Elle s’ouvre, et là ... je découvre les yeux écarquillés l’immensité de la passerelle, avec tous ses systèmes de navigation, mais aussi le contrôle de tout le navire centralisé ici.
Francesco Serra m’accueille très gentiment, décontracté avec un large sourire aux lèvres.
Il me souhaite la bienvenue, dit quelques banalités, puis quand Monique lui précise que la mer a toujours été l’une de mes passions, que je fais du bateau, il s’est senti plus en confiance et m’a parlé plus «marin».
Il nous a montré comment se propulse et se dirige le paquebot, avec ses azipods. 
Les azipods sont d’énormes moteurs électriques qui incorporent les hélices (environ 6 mètres de diamètre). 
Ils sont fixés sous la coque et pivotent sur 360°. Les moteurs se contentent de produire l’électricité nécessaire à l’alimentation des moteurs électriques, et non plus de propulser le navire comme jadis. 
Le gros avantage de ce système c’est qu’il n’y a plus besoin de remorqueurs dans les ports. Le bateau est capable de pivoter sur place, aidé en cela par les propulseurs d’étrave.
De toutes petites manettes dignes de jouets téléguidés suffisent à commander l’ensemble. Plus de barre à roue, ni les anciens systèmes pour transmettre les informations au chef mécanicien.
Au passage j’ai pu observer une carte papier sur laquelle était tracée la route que nous allions prendre. Le livre de bord qui consigne tous les détails pendant la navigation était ouvert juste à côté.
8 personnes étaient présentes sur «the bridge» comme ils disent entre eux, dont 3 affairées avec d’énormes jumelles.
De la passerelle, la vue sur l’avant est dégagée et magnifique.
Le commandant nous montre les différents cargos susceptibles de croiser notre route, mais ce qui l’inquiète le plus c’est ce petit bateau, très bas et très rapide sur l’eau. Il me dit qu’ici 90% de ces types de bateau sont des pirates. Tout le monde surveille cette embarcation, Monique ajoute qu’elle en a vu un autre un peu plus loin, à ce moment le commandant me tendit sa paire de jumelles et me demanda d’observer ces bateaux.
Surprise, ce n’est pas 2 mais 3 bateaux qui nous suivent, l’autre encore plus loin, mais beaucoup plus gros est celui qui couvre l’opération de piraterie, qui met à l’eau les gros Zodiacs et qui les ravitaille en carburant.
Le commandant, sûr de lui et de son bateau, nous informe que tout est prévu en cas d’agression, mais il reste vigilant.
Les marines française, espagnole, et anglaise sont également sur zone et par résolution de l’O.N.U. ont l’autorisation de tirer.
Donc à priori il faut faire confiance, mais le bateau de croisière avec qui nous étions accosté à Mascate a prévu un entourage en fil de fer barbelé, comme en témoigne la photo que je vous joint.
Comme quoi, ici, tout le monde ne parle et ne pense qu’à ça.
Le pire est à venir dans le golfe d’Aden situé à l’entrée de la mer Rouge et de la corne de l’Afrique.
Mais Francesco Serra veille sur nous, et nous avons confiance !

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