Surprise au réveil de matin. Notre balcon est recouvert d’un sable fin venu du désert, nous approchons d’Abu Dhabi dans une brume de poussière de sable. On nous dira plus tard qu’une tempête de sable s’est déclarée il y a 3 jours. C’est généralement au 3ème jour que cela s’arrête, et justement nous sommes le 3ème jour, alors tous les espoirs sont permis.
Mais gare aux appareils photo, cette poussière se glisse partout.
Côté mer par contre, elle est d’un joli turquoise invitant à la baignade, mais pas le temps, faut y aller!
Nous partons dans la fraîcheur matinale, et oui 23°C sans un poil d’humidité, il y a des semaines qu’on a pas connu ça, et on apprécie!
Nous partons vers Al Ain, une petite ville située à 150 kms environ d’Abu Dhabi. Nous avons choisi délibérément de zapper la ville, car côté grattes-ciel en tout genre, je crois que nous allons être servi demain.
Dès le départ le choc avec l’Inde est frappant (normal s’agissant d’un choc...). Nous sommes passé d’une extrême à l’autre. Imaginez un pays croulant sous les pétrodollars, en chantier constamment (on ne compte plus les grues) des immeubles neufs, des équipements publics neufs, bref tout le pays transpire la richesse et l’opulence.
Cependant contrairement à sa voisine Dubaï, cette richesse repose sur des bases solides, et l’avenir du pays sans pétrole est habilement prévu. De même, pour se différencier des autres émirats, Abu Dhabi a décidé d’investir dans la culture, c’est une bonne chose. Beaucoup d’équipements culturels sont en construction, dont le «Louvre» de l’architecte français Jean Nouvel.
Je passe sur le niveau de vie, sur le taux de chômage à 0%, sur la taille des voitures, sur les autoroutes éclairés en plein désert, sur le super à 20 centimes d’Euro, sur les appartements qui valent 5 fois plus chers qu’à Dubaï, sur les cent cinquante millions de palmiers plantés et... arrosés, sur l’emirate hôtel autoproclamé 7 étoiles qui ne comporte que des suites de 150 à 1 200 m2, allant de 3 000 à 15 000 Euros la nuit principalement occupé par des russes et des chinois, bref le mot crise, est inconnu ici.
Al Ain, à l'est d'Abu Dhabi, se trouve dans une région luxuriante qui foisonne de sources. Autrefois, cette ville oasis constituait une étape essentielle sur la route des caravanes qui reliait les Émirats et le sultanat d'Oman, ensuite elle fut la ville où le cheikh Zayed, l'ancien président des Emirats Arabes Unis et l'ex-gouverneur d'Abu Dhabi, passa une partie de son enfance.
Aujourd’hui c’est son fils Khalifa qui règne depuis 2004.
Pour la petite histoire c’est Khalifa qui a fini de financer la plus haute tour du monde à Dubaï, pour la modique somme de 1 milliard de dollars, les travaux étant momentanément stoppés faute de crédits. En échange il demanda simplement que cette tour de 825 mètres de haut porte son nom. Ainsi la tour Burj Khalifa de Dubaï porte le nom de l’Émir d’Abu Dhabi.
Nous commençons par faire une halte à l’ancien palais de l’émir d’Abu Dhabi, ce dernier semble avoir été très estimé par la population. Il tenait absolument que le palais reste toujours ouvert, pour que les voyageurs puissent venir prendre quelque repos après la traversée du désert.
Ensuite nous nous arrêtons au musée national d’Al Ain, qui retrace l’histoire du pays et son évolution, en particulier depuis les 60 dernières années.
La visite terminée, nous allons marcher dans l’oasis qui jouxte le musée. Il existe 3000 oasis à Al Ain, qui font oublier totalement que nous sommes en plein désert. La pollinisation des palmiers nous est expliquée avec démonstration à l’appui. Un ouvrier arboriculteur est monté au faîte du palmier pour effectuer la pollinisation, un peu comme on fait pour la vanille, pour ceux qui connaissent, mais là il faut grimper! Un homme fait environ 20 palmiers par jour.
Nous avons par la même occasion admiré un parfait exemple de l'ancien système d'irrigation, dit falaj, ainsi que le moyen pour répartir l’eau entre chaque exploitant par un ingénieux système de planches trouées.
Puis nous nous rendons au seul marché aux chameaux qui existe encore dans la région, où la population locale peut acheter un de ces animaux, à un prix avantageux, parait-il ! Les chameaux sont vendus pour la viande, ici on se nourrit du chameau ou du dromadaire, comme nous du boeuf. Un ami de notre guide est venu ce matin, il a acheté 6 dromadaires pour manger à un repas de noces qui compte 1 000 convives. Il nous a également invité à ce festin, mais nous avons décliné son invitation car nous repartons ce soir à minuit, en revanche le guide, lui, a accepté.
Nous nous arrêtons ensuite déjeuner à l’Hôtel Hilton d’Al Ain, puis prenons le chemin du retour. En chemin nous ferons un stop pour faire une photo de la très belle mosquée du Sheikh Zayed.
Enfin pour clore cette journée, nous avons invité Frédéric Mathieu et sa collègue Séverine, nos hôtes français, autour d’un bon dîner. C’est notre façon de les remercier pour l’excellent travail qu’ils ont fourni depuis 3 mois
Voilà, maintenant il se fait tard, demain nous serons à Dubaï distante de 88 milles marins seulement.
Une broutille pour Deliziosa !
l’ancien palais de l’émir d’Abu Dhabi
Une oasis
La mosquée
Le marché aux chameaux
Le futur d'Abu Dhabi se construit au présent


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