samedi 11 février 2012

Samedi11 Février 2012 - Jour 44 - 16 ème escale - Suva - Île de Viti Levu - FIDJI

Les escales se suivent et ne se ressemblent pas, je vous l’ai déjà dit et cela se vérifie encore aujourd’hui.

À l’aube naissante Déliziosa glisse dans une mer d’huile, le pilote a de la chance aujourd’hui, pas besoin de cascade dangereuse pour gagner le bord. Le pilote du port est celui qui prend les commandes du navire pour le mener à son quai. Il connait parfaitement le plan d’eau, les passes, les courants, les bancs de sable (ici ils sont légion) et tous les pièges à éviter pour accoster sans encombre. C’est une procédure obligatoire dans tous les ports du monde. Pour nous cela fait parti du rituel des arrivées.

Mais la mauvaise nouvelle c’est la pluie! Nous sommes dans la zone tropicale de l’hémisphère sud, les saisons sont donc inversées, et nous sommes en pleine saison des pluies. D’ailleurs un cyclone vient tout juste de passer entre les îles Fidji et la Nouvelle Calédonie. Il est parti vers le sud. Ouf on ne le verra pas !

Puisque les escales ne se ressemblent pas les unes aux autres nous avons voulu changer nos habitudes touristiques.

Partant du principe que toutes les îles de Polynésie, rivalisent de plages paradisiaques avec sable blanc, eaux turquoise, cocotiers, etc. etc., notre île de Viti Levu, la principale des 332 îles qui composent les Fidji, ne déroge pas à cette règle.

Aussi nous sommes partis à l’intérieur des terres... en pirogue!

Nous avons remonté la rivière Navua avec quelques sueurs froides au passage des quelques rapides que nous avons franchi. Ce fut une extraordinaire navigation qui a duré environ 1 heure. Les berges sont envahies par une végétation luxuriante, où quelques maisons faites de bois colorés et de tôles se détachent. Nous croisons des pêcheurs, des écoliers qui rentrent à la maison ... en radeau. Des vaches paissent tranquillement sur le bord de la rivière, pas stressées mes belles !

Nous arrivons enfin au but de cette ballade: les cascades.
Semblable à toutes les cascades, me direz vous, oui mais celle là, son eau est chaude et invite à la baignade avec douche multi-jets garantie. Quelques uns ne se sont pas fait prié pour ploufer (expression de notre petit Paul) dans son eau.

Au retour, nous faisons escale dans un petit village Fidjien composé de quelques familles seulement. Ils vivent encore d’une façon traditionnelle. C’est ici que nous assisterons à la cérémonie du kava, suivie d’un déjeuner.

La cérémonie du kava est un rituel ancestral fidjien, qui a pour objet de souhaiter la bienvenue aux voyageurs, aux amis qui passent etc.
La cérémonie a eu lieue dans un bâtiment fait de bois, d’une couverture en feuilles de palmiers, et où les côtés sont ouverts. Le sol est couvert de nattes et l’on y accède pieds nus.
Les hommes du village sont rassemblés autour de leur chef, assis en arc de cercle, face aux invités, assis eux aussi, les hommes devant et les femmes derrière. Un chef a été désigné pour représenter les invités, et le hasard a voulu que ce soit le rédacteur de ces lignes.

Ouais, ouais, c’était pas forcément la meilleure place, car il fallait le boire ce f... kava! et au nom de tous ! Certains rigolaient dans leurs moustaches...
On m’avait préparé pour l’occasion, et expliqué quelle devait être mon attitude.
En face de moi le chef, torse nu, vêtu d’un pagne, avec des marques noires sur son visage est assis face à une vasque en bois. Au signal un homme lui apporte de l’eau dans un gros bambou de 1 mètre de long environ, et la verse dans sa vasque.
A ce moment le chef malaxe des racines contenues dans des feuilles de palmier, tout en poussant quelques incantations. Jusque là tout allait bien pour moi, jusqu’au moment où il montre à l’assemblée le «précieux liquide» essoré de ses feuilles de bananier. Vous me croirez si vous voulez, mais pour moi cela ressemblait à une serpillière que l’on essore dans l’eau sale!
Pas engageant tout ça!
Puis vint le moment fatidique tant redouté, il demande à l’un de ses assistant de me servir, dans mon petit bol, fait d’une noix de coco coupé en deux: pas de doute c’est du jus de serpillière!
Enfin il me fait signe, c’est à moi de jouer.
Je m’applique à bien suivre le rituel:
Je frappe une fois dans les mains,
je dis «Bula» (qui veut dire bonjour)
je bois cet excellent nectar d’un seul trait, en souriant, comme on m’avait préciser de le faire
Je frappe enfin trois fois dans les mains et j’ajoute «vinaka» qui veut dire merci (tu parles)
D’autres se sont aventurés à goûter le kava, dont Monique, qui finalement n’a pas détesté. C’est un gout indéfinissable, avec des accents poivrés.
Le repas qui a suivit s’est déroulé simplement, autour de mets locaux, dont certains étaient délicieux.
Des danses vinrent clore cet agréable moment passé au village.

De retour sur Deliziosa, nous assistons au départ, c’est toujours un moment intense, mais cette fois, tous les fidjiens qui étaient dans les parages, nous ont fait un concert de klaxons, pour les uns, un show de clignotants pour les autres, ou tout simplement des grands signes de la main.

Au revoir Polynésie, on t’aime bien!

Bisous des antipodes

P.S.:  Cette nuit changement d’heure, quand il est 12 heures en France il est minuit pour nous. (12 heures de décalage). On recule !

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